Identités lesbiennes : en finir avec les idées reçues

Que l’on soit out ou toujours dans le placard (pour diverses raisons qui nous appartiennent et que personne n’a à juger), assumées depuis des années ou en pleine découverte, on a toutes entendu beaucoup de clichés et de préjugés sur les lesbiennes. Que ce soit dans les conversations de famille ou à la machine à café du boulot, dans les blagues de pseudo-humoristes à la TV ou dans des injures balancées dans la rue (vous connaissez le site Lesbeton ?), ce sont toujours les mêmes idées qui tournent en boucle, mettant en lumière la parfaite ignorance d’une majorité qui imagine les femmes aimant les femmes au travers d’un prisme ultra-déformant et pas du tout original. Car comme toute minorité, les homosexuelles ne peuvent avoir qu’un visage, aucune individualité, groupe homogène sans personnalités propres qui doit répondre à des clichés pour rassurer la norme.
Ces clichés, Stéphanie Arc les décortique dans son livre Identités lesbiennes – En finir avec les idées reçues. Elle a pris les 16 les plus courantes, qu’on a sans doute toutes entendues, et peut-être même pensées nous-mêmes à une époque de notre vie. Car soyons honnêtes, pour beaucoup d’homosexuels, le premier homophobe rencontré, c’est lui-même, la tête remplie d’images peu glorieuses, de parodies honteuses, bref de tout ce que la société possède pour pousser ses ouailles à suivre « le droit chemin » de l’hétérosexualité triomphante.
Ainsi, sur 180 pages, cette journaliste spécialiste de la lutte contre l’homophobie explique, analyse, remet dans son contexte historique d’origine toutes ces idées qui continuent de poursuivre les inverties, garçonnes, saphistes, amazones et autres gomorrhéennes. On y retrouve les classiques « on les reconnaît facilement » lié au cliché de la camionneuse, « elles n’ont pas trouvé le bon » ou « entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe » dans l’idée que sans pénis, point d’orgasme, sans homme, point d’amour, ou encore « elles font fantasmer les hommes » mais pas trop quand même parce que bon, si monsieur ne peut pas intervenir, quel intérêt ! Il y a aussi les « elles devraient se faire soigner », 25 ans après la sortie de l’homosexualité de la liste des maladies de l’OMS, ou « elles ne devraient pas être mères » avec toutes les références habituelles contre l’homoparentalité, et de toute façon « c’est la faute des parents », nous renvoyant à cette phrase si souvent entendue lors d’un coming-out « Mais qu’est-ce qu’on a raté ? » de la part de nos géniteurs déboussolés.
Ainsi Stéphanie Arc reprend chacun des clichés pour le déconstruire, permettant ainsi à la lectrice concernée de peut-être approfondir son propre questionnement et casser ce qui pourrait encore traîner dans sa tête et l’empêcher de vivre pleinement, et aux autres lecteurs de voir que cette communauté dont ils savent si peu de choses n’est pas si mystérieuse ou bizarre et qu’elle ne mérite assurément pas toute l’animosité, la méfiance voire la haine qu’elle se prend régulièrement dans la tête.
La lecture est facile, claire, on peut lire chaque cliché séparément ou tout d’une traite. Cela permet également de se donner des arguments solides et efficaces en cas d’urgence dans un repas de famille qui s’anime ou face à des amis potentiellement maladroits, pas forcément malintentionnés mais rapidement agaçants avec leurs phrases toutes faites…
Et vous, les clichés, vous y avez déjà eu droit ?
Article : Morgan

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